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Consigne :

Sur cette plage étrange, je pressens des évènements surprenants de déroulant sous la lumière de la Lune.
Dites nous ce que vous inspire cette inquiétante lumière traversant avec difficulté ces nuages tempétueux.
Je vais tenter quant à moi d’y lire quelque chose d’ici lundi… 

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Ma chère maman,

Je vous écris d'un endroit somptueux dont le temps aujourd'hui est en osmose absolue avec mon humeur. N'en déduisez pas, comme à votre habitude que je suis triste, mélancolique, ou un mot issu de pathologies diverses et variées sur lesquelles vous avez autorité, en ce qui me concerne vous vous trompez toujours. J'aime seulement la nuit, les lourds nuages annonçant la pluie, l'eau, la lune, et ici tout est pour mon bonheur.

Non seulement je vais tout à fait bien mais je pense que c'est la première fois que je me trouve dans cet état de béatitude frisant l'extase. Cette plage est d'une beauté inouïe. Je sais, vous connaissant maintenant depuis trente cinq ans, que vous ne trouverez rien de transcendant à la photo que je vous envoie. Evidemment, puisque c'est moi qui vous la fait parvenir et vous la vante en termes dithyrambiques. Serait-ce quelqu'un dans vos bonnes grâces... que vous trouveriez l'endroit magique !

Magique, il l'est à plus d'un titre. Sans doute ne ressentirez vous pas le sentiment de liberté que je vis : Il est minuit exactement, les rochers m'entourent en ombres menaçantes mais je suis libre ! Enfin !

Ah ! Que je vous en donne la raison...

Ma chère maman, si vous n'êtes déjà assise, cherchez un siège et posez vous confortablement.

Hier au soir, comme tous les samedi, je me suis rendue à l'opéra. Vous le savez j'aime éperdument Verdi. Mais à l'idée de rentrer me coucher auprès de Charles-Edouard, je ne sais ce qui m'a traversé l'esprit... J'ai sauté dans le premier train qui devait quitter la ville. Et je ne compte pas revenir. 

Mon futur ex-mari, j'en suis certaine, fera un excellent Président de la République. Mais avouez que c'est un piètre mari, un piètre amant, un triste sire et un très mauvais joueur de poker. Il ne ment bien qu'en politique !

Que je vous dise aussi.

Lasse des faiblesses conjugales de ce pauvre Charles-Edouard, j'ai, bien sûr, invité dans ma morne existence un amant. Et depuis quelques mois ma vie se pare de couleurs que je pressentais mais dont j'ignorais jusque là les insondables possibilités.

Je vous concède  certes, que le mari vient de battre l'amant à plate couture aux dernières élections. Mais qu'importe ! Celui-ci est autrement intéressant. Cet homme est drôle, bon amant, excellent joueur de poker et pas tout à fait perdant au change.

Voilà, ma chère maman, je suis actuellement sur sa plage privée quelque part sur la terre, heureuse et libérée.

Je vous prie de croire, maman, à tout le respect que je suis censée vous devoir.

 Diane.